Dimanche 23 décembre 2007
Le château de mer ou « Castello Novo » est édifié par les portugais au 16 ème S. sur une superficie assez immense de 3900m² sur la falaise Amouni. Il avait joué le rôle d’une forteresse pour défendre l’entrée nord de l’ancien port de Safi.
Dès les premières observations, nous pouvons constater que ce monument historique et la falaise Amouni (qui s’étend sur 3 Km du vieux port (Mrayssa Lakdima) jusqu’à la falaise Lyhoudi) sont touchés par des facteurs purement naturels, ce qui entraine le recul de la falaise et menace ainsi le château de mer. Quels sont, donc, les facteurs responsables de la dégradation de la falaise en question, leurs conséquences sur le monument et les mesures à prendre pour stopper ce danger réel ?
1-Les facteurs de la dégradation de la falaise Amouni :
Selon les responsables de L.P.E.E (Laboratoire publique des études et des essais/ Laboratoire régionale de Safi), d’après une étude effectuée dans ce domaine, la roche qui supporte le monument est menacé par une instabilité due à plusieurs facteurs à savoir : L’action des vagues soutenues par les courants marins ; ces vagues agissent par un double effet : mécanique et chimique. La houle, à cause de la déviation de sa direction après la construction du port en 1935, est devenue plus forte et plus profonde, en plus les marées, dont l’amplitude atteint 3,80m en haute mer, avec la coïncidence des vents d’une vitesse assez forte provoquant des grandes vagues qui déferlent fortement contre la falaise d’Amouni pouvant atteindre même la muraille ouest, ce qui peut entrainer la chute de blocs de la façade ouest de château de mer ; ainsi la nature lithologique de la falaise en question est favorable pour accélérer l’érosion marine due à l’action des vagues , sans oublier l’humidité engendrée par l’infiltration des eaux marines dans toutes les parties ouest de monument.
2- Les conséquences de dégradation de la falaise Amouni :
Ces facteurs naturels, cités ci-dessus, donnent naissance à des vides au pied de la falaise, ce qui met le haut en porte-à-faux ; dans ce cadre les responsables de L.P.E.E nous ont confirmé que le diagnostic, fait par des plongeurs de laboratoire publique, a mis en évidence l’existence des cavités, des fissures et des grottes dans les trois cotés :
nord, ouest et sud du rocher de château de mer, ce qui a provoqué et peut provoquer à tout moment la chute de blocs au pied de la falaise qui aura, donc, un nouveau front ; de ce fait, on assiste petit à petit au recul de la falaise. En résumé, la présence de l’eau favorise la détérioration des structures de château de mer, spécialement celles de l’ouest et de nord.
3- Les solutions proposées pour sauvegarder le monument :
a-Remplissage de grottes avec des sacs de béton :
selon les responsables de L.P.E.E et de bureau technique de la Wilaya, cette solution a pour objectif d’atténuer tout glissement inattendu des structures de château de mer, cette solution consiste, à la fois, à remplir les vides avec des sacs de béton pour rétablir le contact entre les parties hausses et basses, et à neutraliser le travail mécanique de la mer, mais cette solution reste inefficace sans protéger ces sacs de béton par une maçonnerie au niveau de l’entrée des vides pour atténuer l’effet d’érosion et arrêter le développement des cavités. Cette solution peut apparaître moins pertinente, c’est pourquoi d’autres solutions ont été suggérées telles que :
b-La protection de la falaise avec des digues en enrochement :
De nature plus résistante à la houle pouvant ainsi former un barrage qui empêche le déferlement des vagues contre le pied de la falaise. Cette solution a été recommandée par L.P.E.E en 1996.
c-Le mur en béton ou des blocs en béton tétrapodes :
Est une autre solution proposée par L.P.E.E afin de stopper la dégradation du rocher.
D’ailleurs, la première solution reste, effectivement, la sensibilisation des Safiots ; selon un sondage de l’association « Hawd Asfi » effectué sur un échantillon de 200 personnes, seulement 13% de la population safiote est au courant de danger d’effondrement menaçant le château de mer, cela pousse à sensibiliser les gens de ce danger réel à travers les moyens de média locaux et nationaux, et les faire impliquer dans ce problème ; dans ce cadre, vient l’initiative de l’association safiote « Assif » qui a édité en Juillet 2002 une étude archéologique du château de mer réalisée par le chercheur safiot Saïd CHEMSI intitulée : Castello Novo de Safi dit « Château de mer portugais » Etude archéologique et perspective de sauvegarde. En second lieu, on doit réaliser des études approfondies par un groupe poly-disciplinaire d’ingénieurs, de géologues, d’archéologues, d’architectes…pour examiner les différents aspects de problème et choisir les solutions adéquates à ce sujet et enfin réserver un budget considérable pour la résolution de ce problème et la restauration de château de mer ; sans oublier finalement d’arrêter le passage de train à coté du monument, qui déforme la vue patrimoniale de château et qui provoque des secousses susceptibles de causer de véritables dommages au monument.
Il faut rappeler qu’il ne s’agit pas d’un monument tout simplement mais de l’histoire de toute une ville.